Cycliste ou piéton renversé par une voiture : vos droits à indemnisation intégrale (loi Badinter)

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Cycliste ou piéton renversé par une voiture : vos droits à indemnisation intégrale (loi Badinter)

En France, chaque année, des centaines de cyclistes et de piétons sont tués ou gravement blessés par des véhicules motorisés. Ces victimes — qu’on appelle usagers vulnérables — bénéficient d’une protection exceptionnelle dans le droit français. La loi Badinter du 5 juillet 1985 leur garantit une indemnisation intégrale dans presque toutes les circonstances, même s’ils ont commis une faute. La grande majorité des victimes ne connaissent pas l’étendue de leurs droits.

Qui sont les usagers vulnérables au sens de la loi Badinter ?

La loi Badinter distingue les conducteurs (qui peuvent se voir opposer leur faute) des usagers vulnérables (qui bénéficient d’une protection maximale). Entrent dans la catégorie des usagers vulnérables :

  • Les piétons
  • Les cyclistes (vélo, vélo électrique assisté, trottinette manuelle)
  • Les passagers de véhicules motorisés
  • Les personnes âgées de moins de 16 ans ou de plus de 70 ans, quelle que soit leur position
  • Les personnes souffrant d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %

Le principe fondamental : la faute ne peut pas réduire l’indemnisation des victimes vulnérables

C’est la règle la plus mal connue du droit des accidents de la route. Pour les usagers vulnérables, la loi Badinter interdit à l’assureur de réduire ou de supprimer l’indemnisation en invoquant la faute de la victime, sauf dans un seul cas : la faute inexcusable de la victime, exclusive et déterminante dans la production du dommage.

Concrètement, cela signifie qu’un cycliste renversé par une voiture :

  • Qui n’avait pas les mains sur le guidon
  • Qui roulait en sens inverse
  • Qui n’avait pas de lumière la nuit
  • Qui n’a pas respecté un stop ou un feu rouge

…a quand même droit à une indemnisation intégrale. L’assureur ne peut pas réduire son indemnisation au motif de ces fautes, sauf à prouver que la faute du cycliste était inexcusable ET exclusive ET déterminante. Cette preuve est extrêmement difficile à rapporter.

Les enfants de moins de 16 ans : une protection absolue

Les enfants de moins de 16 ans bénéficient d’une protection encore plus forte : aucune faute ne peut être opposée à un enfant de moins de 16 ans pour réduire son indemnisation. Même une faute inexcusable ne peut être retenue contre lui. L’indemnisation est toujours intégrale.

Les pièges tendus par les assureurs aux cyclistes et piétons

Même avec une protection aussi forte, les assureurs tentent fréquemment de réduire les indemnisations des usagers vulnérables. Les pratiques les plus courantes :

  • Tenter de faire admettre une faute inexcusable du cycliste sur la base du PV de police ou des déclarations d’un témoin favorable au conducteur
  • Minimiser les séquelles lors de l’expertise médicale (voir notre article sur l’expertise médicale)
  • Sous-évaluer les postes de préjudice : tierce personne, incidence professionnelle, préjudice d’agrément pour un cycliste sportif
  • Proposer une offre prématurée avant consolidation, pour éviter d’être engagé sur les séquelles réelles

Cas pratiques : cycliste renversé

Cycliste renversé en agglomération

Accident le plus fréquent. Le cycliste est souvent renversé lors d’un dépassement trop serré, d’une ouverture de portire, d’un refus de priorité à une intersection ou d’un empiétement d’un véhicule sur une piste cyclable. L’indemnisation est intégrale si le cycliste est un usager vulnérable.

Cycliste renversé sans contact direct

La loi Badinter exige en principe un contact entre le véhicule à moteur et le cycliste, ou que le véhicule soit « impliqué » dans l’accident. Un cycliste qui chute pour éviter un véhicule qui lui a coupé la route, sans contact physique, peut quand même voir sa demande reconnue si l’implication du véhicule dans la production de l’accident est établie. La jurisprudence est évolutive sur ce point.

Piéton renversé sur un passage protégé

Indemnisation intégrale, sauf faute inexcusable exclusive et déterminante de la victime — ce qui est rarissime sur un passage protégé (feu pour piétons respecté, par exemple).

Piéton renversé hors passage protégé

Même hors d’un passage pour piétons, l’indemnisation est intégrale. Le piéton qui traverse en dehors du passage réglementaire ne voit pas pour autant son indemnisation réduite, sauf faute inexcusable exclusive et déterminante.

Cas particulier : la trottinette électrique

La trottinette électrique personnelle est un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM). Son conducteur est assimilé à un conducteur au sens de la loi Badinter, et non à un usager vulnérable. Sa faute peut donc réduire son indemnisation. Seuls les usagers très jeunes (< 16 ans) ou très âgés (> 70 ans) sur trottinette restent protégés par la règle spéciale.

L’accompagnement de Maître Anne Gibelin

Maître Anne Gibelin défend les cyclistes et piétons victimes d’accidents de la route à Montpellier et en Occitanie. Elle s’assure que les droits spécifiques des usagers vulnérables sont pleinement respectés par l’assureur adverse, que la faute inexcusable ne soit pas retenue à tort, et que tous les postes de préjudice — selon la nomenclature Dintilhac — soient intégralement indemnisés. Si l’offre d’indemnisation vous semble trop basse, ne la signez pas sans avoir consulté.


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Un cycliste peut-il voir son indemnisation réduite s’il n’avait pas de lumière ?

Non. Rouler sans éclairage ne constitue pas une faute inexcusable exclusive et déterminante. La loi Badinter protège le cycliste même si sa conduite était fautive.

Un piéton qui traversait hors des clous peut-il être indemnisé ?

Oui. Traverser hors passage protégé n’est pas une faute inexcusable exclusive. Le piéton a droit à une indemnisation intégrale.

Quelle protection pour un enfant renversé à vélo ?

Absolue. Aucune faute ne peut être opposée à un enfant de moins de 16 ans. L’indemnisation est toujours intégrale.

Un cycliste à trottinette électrique est-il protégé comme un cycliste ?

Non. La trottinette électrique est un EDPM : son conducteur est assimilé à un conducteur, pas un usager vulnérable. Sa faute peut réduire son indemnisation.

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