Enlèvements liés aux cryptomonnaies : plus de 40 affaires en France en 2026, les victimes ont des droits

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Enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies : un phénomène criminel en explosion, des victimes qui ont des droits

Plus de 40 enlèvements et séquestrations en lien avec les cryptomonnaies ont eu lieu en France depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres communiqués par Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire. Ce phénomène, baptisé cryptorapt par les médias — contraction de « crypto » et « rapt » —, désigne ces enlèvements ciblant les détenteurs de crypto-actifs et leurs proches. Encore marginal en 2024, le cryptorapt a explosé en 2025 avec une trentaine d’affaires, et ne montre aucun signe de ralentissement. La France concentre aujourd’hui environ 80 % des cas européens. Derrière ces chiffres, des victimes — détenteurs de crypto-actifs, mais aussi leurs proches parfois séquestrés à leur place — qui subissent des violences extrêmes et dont les droits doivent être pleinement défendus.

Un phénomène criminel d’une violence exceptionnelle

Les affaires de cryptorapt se succèdent avec une régularité alarmante. En janvier 2025, David Balland, cofondateur de Ledger, était enlevé avec sa compagne — son doigt sectionné par ses ravisseurs avant que le GIGN n’intervienne. En mai 2025, le père d’un entrepreneur crypto était muté en région parisienne, lui aussi victime d’une mutilation. En février 2026, une magistrate de 35 ans et sa mère étaient enlevées dans leur domicile de l’Isère et séquestrées 30 heures dans un garage, une rançon d’un million d’euros en Bitcoin exigée. Les victimes ne sont plus seulement les détenteurs de cryptomonnaies eux-mêmes : leurs proches — conjoint, parents, enfants — sont de plus en plus ciblés comme moyen de pression.

Selon une note confidentielle du service de renseignement de la police judiciaire (Sirasco) consultée par Franceinfo, les victimes de cryptorapt sont souvent repérées sur les réseaux sociaux où elles affichent leur enrichissement. Les donneurs d’ordre opèrent depuis l’étranger et recrutent en France des exécutants déjà connus pour des faits de violence ou de trafic. Les modes opératoires sont rodés : surveillance préalable, intrusion nocturne au domicile, violence et torture pour contraindre au transfert de fonds, demande de rançon en Bitcoin ou autres crypto-actifs.

Quelles infractions et quelles peines encourues par les auteurs ?

Ces faits constituent des infractions d’une extrême gravité en droit pénal français. L’enlèvement et la séquestration sont punis de 20 ans de réclusion criminelle. Lorsqu’ils sont commis en bande organisée ou avec des actes de torture et de barbarie, la peine peut atteindre 30 ans de réclusion criminelle. L’extorsion aggravée, le vol avec violence, les atteintes à l’intégrité physique viennent s’y ajouter. Face à l’ampleur du phénomène du cryptorapt, le Parquet National Anti-Criminalité Organisée (PNACO) a été saisi de plusieurs dossiers et des juges d’instruction spécialisés sont en charge des enquêtes.

Quels droits pour les victimes et leurs proches ?

Toute personne victime d’un enlèvement, d’une séquestration ou de violences commises dans ce contexte a droit à une réparation intégrale de ses préjudices. Cela inclut :

  • Les préjudices corporels : blessures, séquelles physiques, mutilations, déficit fonctionnel permanent
  • Le préjudice psychologique : syndrome de stress post-traumatique (PTSD), suivi psychiatrique, souffrances morales
  • Le préjudice économique : perte de revenus, créances volées ou extorquées, frais divers
  • Le préjudice d’agrément et atteinte à la vie personnelle et familiale
  • Les préjudices des proches (victimes indirectes) : préjudice moral, préjudice d’accompagnement

La victime peut se constituer partie civile dans la procédure pénale pour obtenir réparation dans le cadre du procès criminel. Lorsque les auteurs sont insolvables ou en fuite, la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) peut intervenir pour garantir une indemnisation via le Fonds de Garantie des Victimes (FGVID), même en l’absence de condamnation définitive.

Pourquoi être accompagné d’un avocat dès les premiers instants ?

Dans ces affaires de cryptorapt, le suivi juridique des victimes est déterminant. Dès la phase d’enquête, l’avocat peut veiller à ce que tous les éléments médico-légaux soient correctement documentés, demander des expertises complémentaires, s’assurer que les préjudices psychologiques — souvent sous-évalués — sont pleinement pris en compte. Lors de l’instruction et du procès, il défend activement les intérêts de la victime face à des mis en examen bénéficiant eux-mêmes d’une défense organisée.

Maître Anne Gibelin, avocate spécialisée en réparation du dommage corporel à Montpellier, accompagne les victimes d’infractions graves — y compris les victimes d’enlèvements, séquestrations et violences aggravées — dans toutes les étapes de leur parcours judiciaire et indemnitaire. N’attendez pas pour consulter : les délais de prescription et la constitution du dossier médical sont des enjeux immédiats.

Je suis victime d’un enlèvement ou d’une séquestration liée aux cryptomonnaies : que faire en priorité ?

La priorité absolue est de porter plainte auprès des forces de l’ordre et de consulter un médecin pour faire constater toutes les blessures et séquelles physiques. Il faut également consulter rapidement un avocat spécialisé pour être accompagné dès la phase d’enquête et s’assurer que vos droits sont préservés, notamment pour la constitution de partie civile.

Puis-je être indemnisé même si les auteurs ne sont pas retrouvés ou sont insolvables ?

Oui. La Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) peut intervenir via le Fonds de Garantie des Victimes pour indemniser les victimes de cryptorapt et d’infractions graves même lorsque les auteurs sont en fuite, inconnus ou insolvables. Cette voie est particulièrement pertinente dans les affaires où les commanditaires opèrent depuis l’étranger.

Les cryptomonnaies extorquées peuvent-elles être récupérées ?

La blockchain étant entièrement traçable, les transactions en crypto-actifs laissent des traces numériques exploitables par les enquêteurs. Une action rapide — notamment en signalant l’adresse de portefeuille aux plateformes d’échange via le protocole SEAL 911 — peut permettre de bloquer les fonds avant leur conversion. Un avocat peut vous aider à coordonner ces démarches avec les autorités judiciaires.

En tant que proche d’une victime, puis-je aussi obtenir une indemnisation ?

Oui. Les proches d’une victime de cryptorapt subissent un préjudice moral dit « par ricochet » qui est indemnisable : préjudice d’affection, préjudice d’accompagnement, préjudice économique si la victime directe était un soutien financier. Ces droits s’exercent indépendamment de ceux de la victime principale.

Quel est le délai pour agir après un enlèvement ou une séquestration ?

Le délai de prescription pour les crimes est de 20 ans à compter des faits. Pour les demandes devant la CIVI, le délai est de 3 ans à compter de la date de l’infraction. Cependant, il est vivement conseillé d’agir rapidement pour préserver les preuves, faire constater les préjudices et être assisté dès la phase d’enquête.

Vous pouvez nous également nous contacter par téléphone 06 56 66 75 52‬ ou par email anne.gibelin@avocat.fr
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